Le prieuré fontevriste de Sainte-Croix-Volvestre

Le monastère de Ste-Croix appartenait à l'ordre de Fontevrault, ordre fondé par Robert d'Arbrissel, un ermite devenu prédicateur qui, dans les dernières années du XIe siècle, prêchait la pénitence dans l'ouest de la France. Soumis à la règle de saint Benoit, les monastères de cet ordre accueillaient à la fois des hommes et des femmes vivant dans des couvents séparés mais tous, soumis tous à l'autorité d'une abbesse, pour rappeler la Vierge.

Le prieuré de Sainte-Croix est vraisemblablement créé entre 1114 et 1117.

Les religieuses étaient dames seigneuresses en toute justice, haute, moyenne et basse, foncières et directes universelles des lieux et juridiction de Ste-Croix et de son annexe Citas. Elles avaient aussi le droit de patronage de la cure ce qui pourrait vouloir dire que le village s'est formé autour du monastère. Ce qui correspondrait bien à l'esprit de Robert d'Arbrissel, créer un monastère dans un lieu désert comme devait l'être à l'époque ce pays du Volvestre.

Durant tout le XIIe siècle, la famille de Tersac qui tenait cette partie du Volvestre en vassalité du comte de Comminges, combla le couvent de ses libéralités, lui accordant en particulier la seigneurie des territoires de Ste-Croix et de Citas ainsi que des revenus importants dans toute la région.

En 1263, Gentile de Gensac lui donna une forêt de 240 arpents.

En 1282, il comptait 63 religieuses et 25 religieux et un revenu estimé à 20 000 livres, ce qui en faisait un des plus importants de tout l'ordre

Lors du démembrement de l'évêché de Toulouse en 1318, Sainte-Croix passe dans la mense du  diocèse de Rieux.

Le couvent est détruit vers 1360, au cours de la guerre de Cent ans, peut-être par des bandes de routiers qui ravageaient la région.

Il ne sera reconstruit qu'en 1620 mais il ne retrouvera jamais son importance, même si une déclaration du temporel datée de 1668, indique qu'il a reconquis une grande partie des biens usurpés par les seigneurs locaux durant tout le temps où il fut abandonné.

Les registres de reconnaissances établis en 1541, 1584, 1649 et 1785, renseignent sur les droits et les devoirs réciproques, coutumes et privilèges, des religieuses et de leurs sujets et vassaux, en particulier sur les droits d'usage dans la forêt qui, parce qu'ils étaient très importants pour la survie des habitants, ont souvent été une source de conflits entre eux et les religieuses.

La révolution va être fatale au couvent. Le décret du 17 août 1792 ordonne que toutes les maisons occupées par des religieuses soient évacuées. En septembre les religieuses quittèrent le couvent qui sera vendu avec ses dépendances, le 2 thermidor an IV (20 juin 1796) à Jean Lasmastre habitant de Ste-Croix pour 13 824 francs.

De cet ensemble conventuel qui occupait quatre hectares, il ne reste que les murs de l'église, une imposante tour où résidait la prieure, les longs murs de la clôture et à côté de l'église paroissiale, le prieuré des hommes où l'on peut encore voir les restes de l'entrée de la salle capitulaire.

— Christine Miramont

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