L'Eglise de Vals
Vals sest endormi, il y a quelques siècles de cela
Le voyageur de passage en ces lieux ny trouvera que quelques anciens et une poignée de chats montant la garde à lombre des ruelles.
Le silence règne ici en maitre absolu, sans aucune concession aux rumeurs de ce siècle. Les maisons de pierres jaunes, ventrues et débonnaires, sont frileusement serrées les unes contre les autres, cherchant dans les murs voisins quelques soutiens pour résister au passage du temps.Vals naurait pu être quun point sur la carte, un nom inconnu pour qui ny est pas né.
Mais au coeur de ce village, il y a léglise ..
Le même voyageur pourra croire dans un premier temps que ce bâtiment, austère et massif, nest quune citadelle, un château laissé là par quelques seigneurs locaux. Prudent, il en fera le tour, cherchant un aspect dérobé à la puissante bâtisse, montant au Sud-est, sur la pelouse que les anciens nomment « plate-forme du Rahus ». Là, au milieu des blocs de poudinge, subsistent les vestiges dun village médiéval, semi trogloditique, qui sagglutinait tout contre le rocher. Sur les flancs de la colline, une large encoche semi-cubique, très régulière, attire le regard. Les archéologues hésitent encore pour définir lâge et lutilité de ce site, certains y voient une partie de lhabitat médiéval, dautres un site religieux antérieur à linvasion romaine
..Quoiquil en soit, cest une preuve supplémentaire de lantiquité du lieu et lon peut deviner que bien des témoignages encore dorment sous nos pieds. Mais malgré la douceur du lieu, les pas du voyageur sont toujours attirés par la porte de chêne qui garde laccès à léglise. En grinçant, elle tourne sur ses gonds, laissant plonger le regard dans la pénombre. Et là, cest le choc
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Utilisant au mieux une faille naturelle, un escalier de pierre paraît senfoncer dans les entrailles de la terre.Une dizaine de degrés mène jusquà une vieille porte qui donne dans la partie inférieure de léglise, abusivement qualifiée de crypte. Nous sommes là dans les restes de l 'édifice du X ème siècle, celui que les premiers chrétiens de la contrée avaient bâti avec un évident sens de la mise en scène
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Cela fait mille ans que le temps dort, blotti dans un coin sombre, laissant le visiteur remonter en silence sur léchelle du temps. Après un regard sur le baptistère massif dans son encoche de rocher, lémotion nous guide jusquà la lumière : celle que laisse filtrer une fenêtre, taillée dans le mur dune abside rectangulaire. Et à lémotion succède léblouissement, les voûtes de cette partie du bâtiment laissent apparaitre de merveilleuses fresques romanes. Evoquant la parousie et des scènes de lenfance du Christ, ces fresques ont la rigueur et les couleurs propres à cette période. Ici, pas deffet de perspectives, pas de grande recherche esthétique : limage doit instruire et non charmer. Saint Michel, Saint Mathieu, Raphaël et Gabriel entourent le Christ en majesté et gardent le site. Mais au-delà des couleurs, des habits et des positions des divers personnages, un détail frappe : les yeux. Fixes, immenses, ils pèsent sur le visiteur, et les regards des Saints ne paraissent jamais lâcher ceux qui pénètrent en ces lieux
Quelques marches conduisent ensuite jusquà la nef principale, autrefois plus basse et plus intimiste mais que le XIXème siècle a transformé, sous légide de la marquise de Portes. Là encore le rocher affleure et les pics des bâtisseurs ont oeuvré pour laisser assez de place aux fidèles. Au fond de cette nef, un escalier de bois, grinçant et sombre, monte rudement jusquà lancienne chapelle Saint Michel. Probablement bâtie au XII ème siècle, comme lindique son bel appareil, elle cache un embryon de choeur curieusement orienté au sud. La tour qui le domine date du XIV ème. De sa haute stature, elle protègeait le village de lavidité des routiers de la guerre de cent ans. Le visiteur devra faire leffort dimaginer cette chapelle isolée de la chapelle Saint Marie et des fresques. Ce nest en effet quau XIV ème quon ouvrit le mur oriental pour construire la nef précedemment traversée.
Puis voici la terrasse. De là, dans les lueurs du matin, le regard va danser sur les crêtes pyrénéennes. Du St Barthélémy au Crabère, limmensité des montagnes contraste avec ces vieilles pierres repliées sur lhistoire.
La découverte de Vals est toujours un moment fort et même le plus cartésien des hommes se fait ici un peu pélérin.
— Olivier de Robert
Accès :
A partir de Pamiers ou de Mirepoix prendre le D119. Un panneau de signalisation vous indiquera l'embranchement pour l'Eglise de Vals.
Pour connaitre les heures d'ouverture, contactez svp l'Office de Tourisme de Mirepoix : +33 (0)5 61 68 83 76

