Ariège Pyrénées

Les fromageries d'Oust

Vers 1890, arriva dans le pays, le Comte Paul de Geloes, né en 1857 à Lauvergnac en Bretagne d'une famille hollandaise de Maastricht. Ses études finies, il vint dans les Pyrénées pour prendre en main certaines affaires de son père. Se rendant compte que le lait était abondant dans la région et ne rapportait que peu de chose, il eut l'idée d'appeler une fromagerie de Normandie. En 1893, ayant loué à bail une ancienne forge à la catalane appartenant à la famille de Roquemaurel, il y installa une fromagerie industrielle qui débuta par la fabrication du camembert et lança le petit camembert. Bien vite, cette affaire prit un tel essor que Mr de Geloes, dont le dynamisme était plus mystique qu'affairiste, ne se crût pas habilité à le poursuivre. En 1897, il abandonna à la société de la Fromagerie d'Oust le soin de mener à bien l'initiative qu'il avait créée. Dans l'année 1898, la fromagerie d'Oust collecta 700 000 litres de lait, chiffre qui passa à 1 000 000 en 1901 au moment de l'ouverture de sa succursale d'Illartein dans le canton voisin de Castillon. En 1906, sa collecte arrive à 1 300 000 litres.

Devant le succès obtenu, de nombreuses usines se créent à Oust et dans les environs. Mr Cabaup installe une fromagerie auprès de son moulin.Mr Jean Faup, rue du Presbytère, Mr de Roquemaurel à la Forge vieille, Mme Dedieu à Seix et Mr Faup Gail à Audressein. La production du lait et sa collecte ne fait que croître dans le canton et dans les cantons voisins. En 1913, création d'une succursale à Massat. La production dépasse 2 000 000 litres.

L'industrie fromagère s'amplifie durant les années de guerre et la production du lait suit. En 1924, la fromagerie d'Oust rachète la beurrerie Souquet de St Girons et y fabrique des fromages. Pendant plus d'un demi siècle, le canton d'Oust, de vocation laitière ancestrale a été la base de l'industrie laitière du département. Mais saigné à blanc par l'hécatombe de la grande guerre, ravagé par une démographie négative, le canton s'étiole, sa population disparait. Faute de pâtres et de bergers, la transhumance de son cheptel disparait, les cabanes, les bourdaous (grange de montagne) sont abandonnés, les fromageries se ferment l'une après l'autre, son industrie est morte, son lait même disparait.

vaches gasconnes à CominacLe camembert d'Oust était une véritable référence gastronomique. Il était commercialisé dans tout le midi de la France et s'exportait en Afrique du Nord. De nombreux diplômes et médailles d'or aux expositions et concours de Paris, Bruxelles et Toulouse récompensèrent le travail des employés et la qualité du fromage.

En 1935, la Fromagerie d'Oust rachète la fromagerie de Mme Dedieu à Seix. Dans les années 40 elle regroupe toutes ses activités à St Girons et de ce fait abandonne la fromagerie natale à Oust ainsi que les succursales dans les vallées. La Fromagerie Jean Faup s'expatrie également à Saint Girons, après avoir exploité à son tour "la forge vieille" abandonné par Mr Roquemaurel. Mr Biros succède à Mr Cabaup jusqu'en 1958 avant de vendre la marque "La Fermière" à la Fromagerie Faup.

Ainsi ont disparu les fromageries d'Oust, mais aujourd'hui encore, la production fromagère du Couserans reste importante. On ne trouve plus de camenbert en Couserans mais de savoureuses tommes des Pyrénées au lait de vache : le Bethmale, le Rogallais, la Calabasse, le Bamalou , l'Estive, le Moulis, la Toudeill, etc..... ainsi que de nombreux fromages de chèvre et de brebis.

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Ce texte de Pierre Biros et J. Bloquel a été fourni par Jean-Marie Richou de « Le Conservatoire des Jardins, des Vergers et des Champs du Couserans » Association loi 1901 pour la sauvegarde du patrimoine paysan

Photo des vaches gasconnes de P. Tschierschke