L'histoire du chemin de
St Jacques de Compostelle en Ariège

L'Ariège, bien qu'à l'écart des quatre grands chemins -- route d'Arles, du Puy-en-Velay, de Vézelay et de Tours - est loin d'être restée insensible au culte de l'apôtre Saint Jacques et à son pèlerinage. Ce ne sont pas seulement quelques paroisses -- telles les Bordes-sur-Arize, Taurignan-Castet, Saleix, Cazenave, Aubert, Sentenac d'Oust -- qui se sont mises sous la protection du saint, mais tout un pays qui a pris des couleurs jacquaires. La toponymie ariégeoise est là pour l'attester. Un faubourg de Mazères, une rue à Foix et Laroque d'Olmes, un cours à Léran une impasse et une ferme à Saint-Lizier, une propriétaire rurale à la Bastide-de-Besplas, des lieu-dits à Bélesta et Vira... portent toujours le nom du saint, tandis qu'une autre propriété rurale à Mirepoix cette fois, une maison à Montaillou, célèbre village occitan, conservent depuis des temps presque immémoriaux le nom de "jacquet" rappelant ainsi que leurs lointains occupants ont pris un jour le bourdon pour cheminer vers le Finistère espagnol.

Les villages de Montjoie et de Montgauch, situés en terre couserannaise sur deux collines, toutes proches du lieu de pèlerinage qu'était Saint-Lizier semblent, quant à eux, avoir adopté le nom de la "Monjoya" cette colline dominant Saint-Jacques-de-Compostelle où les pèlerins exténués par la fatigue de la route et saisis par l'émotion à la vue du sanctuaire galicien poussaient des cris de joie.

La Voie du Piémont Pyrénéen intéresse le département de l'Ariège puisqu'elle le traverse suivant un axe Mirepoix-Col du Portet d'Aspet via Pamiers, Le Mas d'Azil, Saint-Lizier, Castillon en Couserans en direction de Saint-Bertrand-de-Comminges. Ce chemin, voie de pérégrination vers le Finistère espagnol, relie divers sites où sont présents de nombreux témoignages jacquaires.